Mauritanie
La Mauritanie... Il y a bien des choses à dire sur ce pays. Tout d'abord, les mauritaniens ne sont pas particulièrement sympathiques (c'est le moins que l'on puisse dire). Et même, si cette fois on a pas eu de problème, ceux qui y étaient déjà passés en garde de mauvais souvenirs.

Suite à différentes remarques que j'ai reçu, je précise que nous n'avons fait que passer, ou plutôt traverser la mauritanie. Nous n'avons pas eu l'occasion de sympathiser à la population (cependant ceux qui avaient déjà fait le voyage ne les portent pas dans leurs coeurs, à revoir donc...)
En
arrivant à la frontière, les douaniers ont contrôlé sommairement nos papiers
(pas de fouille du véhicule) et nous sommes passés à l'étape suivante
: les visas. Alors là, il faut savoir une chose : l'Ougoya (la monnaie
locale) ne sert pas à grand chose, ils veulent des euros ! Et si par un
hasard quelconque vous en détenez, cela ne vous servira pas beaucoup...
si vous insistez pour payer en Ougoya (je ne suis pas sûr de l'orthographe),
vous risquez de payer plus cher et en plus, "on" pourrait vous
créer quelques problèmes...

Heureusement que nous étions sept, car quatre d'entre nous avaient acheté leur visa en France au prix de 80 FF alors que nous avons payé +/- 300 FF (en euros naturellement), il nous a était clairement dit que si tout le monde avait eu ses visas, nous aurions certainement eu droit à des frais supplémentaires... Une précision tout de même, les arrondis se font en général de manière fantaisiste ! Mais bon, là encore, on n'a pas vraiment le choix.

Une fois les formalités effectuées, nous avons choisi un guide. 200 Euros de une à cinq voitures, et roulé jeunesse. Alors là les difficultés commencent, le bitume étant inexistant, nous avons commencé très fort, 2 ou 3 ensablement en l'espace de 300 m ! Je commence à déprimer. La première fois, c'est marrant, 30 m plus loin s'est agaçant et cela devient rapidement éprouvant nerveusement. Il y a tout de même 700 kms à parcourir et au rythme que l'on vient de prendre, on en a pour des années...

Nos petites mésaventures ont beaucoup fait rire Denis, qui en vieux baroudeur, à l'habitude (il ne se sera ensablé qu'une fois et encore, en désensablant l'un de nous). Sur le coup, c'est énervant ! Je demande un cours rapide de 4X4 car sinon je sens bien que je vais tout plaquer (ça ne coûte rien de le dire, je suis au milieu de nulle part et à près de 6000 bornes de la maison ; mais bon, ça fait du bien de le dire !)
Ce qu’il y a d’intéressant, c’est que l’on apprend rapidement à différencier le sable « meuble », de l’autre… Dans la famille des trucs qui peuvent servir : dans le désert, je n'avais pas mis ma ceinture de sécurité, estimant qu'à la vitesse où nous roulions et vu le nombre de véhicules que l'on croise je ne risquais rien : erreur, grave erreur, je me suis "éclaté" la tête au plafond du 4X4 deux fois tellement ça tangue sur les cailloux...
Après une bonne douzaine d’heures de route non-stop (sauf naturellement pour jouer avec le sable), nous nous arrêtons tous pour dormir comme des masses ! Le guide (obligatoire si l'on n'a pas de solides notions en GPS) nous ayant conduit à sa station service/épicerie (deux tentes posées au milieu de nulle part) nous avons pu nous ravitailler en carburant (2 fois le prix « local » soit à peu près le prix payé en France et 40 Euros pour 3 Fanta bien frais et 1 paquet de gâteau. C’est cher, très cher même, mais ça fait du bien après une journée comme celle là)

(La photo n'est pas de moi mais nous avons dormis au pied de la même)

Nous nous sommes réveillés le matin, frais et dispos. Nous avons roulé sur une espèce de tôle ondulée sur 70 à 80 kms, c'est sympa mais ça casse le dos ! Tout n'est pourtant pas négatif, une fois que l'on s'est habitué à la conduite sur sable, cela devient vite amusant même si a force, au bout de 2 ou 3 heures, le coté amusant a tendance à s'estomper.

La partie où je me suis vraiment le plus amusé est sans nul doute la plage
! Suivant les marées, il y a de 90 à 160 kms de plages praticables. Après
avoir attendu 3 heures que la mer descende (pendant ce temps, nous nous
sommes baignés), nous sommes partis, un peu trop tôt apparemment car certains
d'entre nous ce sont ensablés. Nous avons attendu encore une bonne demi-heure
(je dis "attendu" mais c'est a peu près le temps qu'il nous
aura fallu pour désensabler les voitures...).

Alors que la vitesse moyenne en Mauritanie était de +/- 50 km/h (si si
!!!, en deuxième tout le temps ou presque, zone rouge et tout et tout),
la traversée de la plage s'effectue à vive allure (un bon 110) mais la
subtilité du jeu consiste à aller chercher la vague quand elle redescend
(le sable étant plus dure à ce moment là) tout en ne se faisant pas surprendre
par une vague qui elle, remonte. Le risque étant de planter sa voiture
et là, s'il n'y a personne avec vous aider : vous êtes très mal !!!!
Il
est arrivé une petite mésaventure de ce type à un de nos camarade de route
: Il s'est ensablé lors d'un précédent voyage, des mauritaniens sont arrivés,
se sont assis sagement, l'ont regardé galérer pendant une petite demi-heure
et quand il leur a demandé un coup de main, ces chers jeunes gens lui
ont répondu : pas de problèmes, on t'aide mais ça fait 4500 FF !. Alors,
si on n'a pas d'argent, on perd la voiture, il en avait, il a payé et
il l'ont aidé. Du coup, il ne les porte pas dans son coeur. Et lors de
notre voyage, des mauritaniens ont la mauvaise idée de crever, ils nous
ont demandé si on avait des roues de secours ou des pneus et il se trouve
que notre ami en avait... Naturellement, il leurs a proposé à 4500 FF...
Pas bien gentil, mais ça lui a fait du bien, et comme ils n'avaient pas
l'argent, ils se sont débrouillés...
Nous avons passé la nuit à Nouakchott, dans un hôtel correct, sans être assailli par des rabatteurs. Beaucoup de mauritaniens nous ont dit qu'il n'était plus possible de vendre les véhicules au Sénégal, que la législation avait changée là-bas. Il semble que ce soit un discours connu de ceux qui ont déjà fait la traversée, il n'en est rien. Seulement, si on ne fait pas attention, on pourrait être tenté de vendre le véhicule à moindre prix naturellement... (c'est maintenant le cas et depuis +/- 2 ans et demi... interdiction d'importer une voiture de plus de 5 ans) Une chose aussi, à partir de la Mauritanie, il faut souscrire obligatoirement une assurance spéciale pour les voitures. A la douane, il nous ont dit que l'on pouvait aller jusqu'à Nouakchott sans problème. Le guide nous l'a confirmé, et de toute façon, dans les 200 euros, sont compris les "pourboires" distribués sur le chemin.

Nous avons délibérément évité de prendre le bac à Rosso, de l'avis général, c'est un bordel sans nom où le "racket" est de mise. Nous sommes donc passés par la Digue. Ca roule bien sur les 3/4 de la piste mais le dernier ¼ restant est en piteux état, et on voit bien que des camions sont passés pendant la saison des pluies : A voir les ornières qu’ils ont laissées dans le sol, ils ont dû batailler ferme pour avancer !
Nous quittons la Mauritanie, non sans avoir dû débourser encore quelques dizaines d’euros pour diverses taxes et surtout, ma préférée, pour la conservation de la digue que les méchants étrangers que nous sommes, dégradons régulièrement avec leurs gros 4X4...