Le Maroc (suite)

Nous reprenons notre route le lendemain matin vers 6 heures (on n'est pas encore habitués au décalage horaire). A chaque fois que nous avons demandé notre route à un policier nous avons toujours eu le sourire et certains étaient presque prêts à nous accompagner. Ils ont tous été vraiment charmant et gentil avec nous et même lorsque l'on s'est fait arrêter pour excès de vitesse, leur gentillesse fait passer la pilule.
La
descente s’est fait sans encombre et de manière presque monotone (un contrôle
de police/gendarmerie tous les 20 ou 30 kms), on s’arrête pour dormir
(dans la voiture ou à l’hôtel, on alterne) et on repart. Le plus amusant
aura été Le contrôle « radar ». Il n’y a pas de radar au Maroc
mais bon… c’est 40 euros chacun : Denis roulait à 59 kms/h et moi
à 62/63,le radar ne sait plus trop bien. Les policiers sont gentils, et
comme ils souhaitent que nous gardions un bon souvenir de notre visite,
ils essaient de s’arranger avec le chef : du coup l’amende tombe à 20
euros (c’est mieux) puis après de longues palabres avec le chef, nous
ne paierons finalement que 10 euros chacun. La petite scène a duré un
bon ¼ d’heures et nous ne regrettons pas notre argent ; et comme
nous sommes nous même des gens gentils qui ont apprécié la bonne volonté
de ces fonctionnaires, nous ne repartons pas sans leur avoir donné quelques
doliprane et autres cahiers, on ne se fait pas la bise mais le coeur y
est !
Nous
roulons comme ça pendant de longues heures et nous arrivons enfin à Dakhla
(prononcez Darla). Jusqu'à une date récente, il fallait suivre un convoi
militaire qui était organisé deux fois par semaine pour atteindre la frontière
mauritanienne (le Maroc et la Mauritanie se disputant une région). Il
semblerait que cela se soit arrangé puisque le convoi à disparu. Or nous
l'ignorions, pas de bol, nous décidons donc de passer la nuit là-bas dans
un hôtel grand standing avec chambre minuscule, sale, "toilette à
la turc" sans chasse d'eau, douche avec un mince filet d'eau glaciale
(j'ai mis presque une demi-heure à "rentrer" sous la douche).
Enfin la totale, la bonne nouvelle c'est qu'il parait que c'est le meilleur
hôtel / camping de Darla (on est content de le savoir ! )
En revanche la ville est sympa, c'est une ville garnison, encore
assez "touristique", vu que c'était le point de passage obligé
du temps du convoi, les descendeurs s'y retrouvent encore. Nous
faisons d'ailleurs la rencontre de 5 personnes avec qui nous ferons la
route : 1 "baroudeur" solitaire en BX et 4 amis (en Peugeot
405) qui se font plaisir en descendant gentiment jusqu'au Mali (deux sont
profs au Gabon et les deux autres vivent en France. Philippe (le barbu
en polo à rayure sur les photos) est vraiment excellent, c'est le joyeux
lurons de la bande, il enchaîne bon mots et diplomatie quand il faut ;
vraiment sympa.. Ce qui leur a pris presque 15 jours de descente, nous
a pris un peu moins de 4. Ils comptaient descendre directement au Mali
mais ont préféré faire la route avec nous, jusqu'à St Louis.
Nous repartons le lendemain matin, notre "convois" se compose de 7 personnes et de 5 véhicules.

Denis m'avait dis : tu verras c'est une ligne droite de 300 kms et ben oui, c'est impressionnant 300 bornes de ligne droite avec le désert de chaque coté. En parlant du désert, il est miné et bien que le convoi est été annulé, le déminage n'a pas été effectué... Alors attention il semblerait que régulièrement il y est des "accidents" et bien entendu il n'y a aucun panneau pour prévenir du danger !
Nous arrivons comme des fleurs à la frontière marocaine et là : surprise !, alors que tous les policiers, gendarmes et autres militaires avaient été accueillant, nous tombons sur des "sauvages". Ils nous ont presque désossé les voitures, obligés d'ouvrir tous les bagages, vérification des n° de châssis, une totale...
Là encore, les cahiers, stylos et médicaments calmeront leurs ardeurs quelque peu belliqueuses.